Chronologie

 

- 9 août 2008 -

Vers 19h10, une poignée de jeunes jouent aux dés dans le stationnement de la Maison culturelle et communautaire, à l'angle des rues Pascal et Rolland, dans l'arrondissement de Montréal-Nord. Deux agents du Poste de quartier 39 du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), soit Jean-Loup Lapointe et Stéphanie Pilotte, patrouillent dans ce secteur et décident d'intervenir. Une altercation s'ensuit entre les deux policiers et Dany Villanueva, un des jeunes présents. Alors que Dany Villanueva continue à se débattre, l'agent Lapointe ouvre le feu en direction des autres jeunes. Fredy Villanueva, 18 ans, reçoit trois balles, dont deux qui se logent dans son thorax et une à l'abdomen. Denis Méas, 18 ans, est atteint à l'épaule droite et Jeffrey Sagor-Métellus, 21 ans, reçoit une balle dans le dos. Fredy Villanueva perd une quantité importante de sang. Il meurt plus tard en soirée sur la table d'opération à l'hôpital Sacré-Coeur. Conformément à la politique ministérielle, l'enquête policière est confiée à un autre corps policier, en l'occurrence la Sûreté du Québec (SQ). 

 

- 10 août 2008 -

Vers 17h00, une foule d'environ 150 personnes dénoncent la mort de Fredy Villanueva en manifestant pacifiquement. Vers 19h45, des jeunes allument des feux dans la rue et dans les poubelles, à l'angle de Pascal et Rolland. Vers 20h45, les pompiers font demi-tour lorsqu'ils reçoivent des bouteilles et des pierres. Les feux sont alimentés par des bonbonnes de propane et des marchandises qui sont pillées dans des magasins avoisinants. L'intervention des policiers se compliquent par la facilité qu'on les émeutiers à se disperser et à se regrouper plus loin. Plus la soirée avance et plus les émeutiers se déplacent vers l'est jusqu'à l'intersection des boulevards Langelier et Maurice Duplessis. Vers 22h45, une policière est atteinte à la cuisse par un projectile d'arme à feu, sur la rue Pascal. Au total, 39 méfaits sont commis, 20 commerces subissent des introductions par effraction, huit voitures sont incendiées, dont plusieurs devant la caserne de pompiers. Plus de 500 policiers sont dépêchés sur les lieux. Vers 3h, les émeutiers sont complètement dispersés. Six personnes sont arrêtées.

 

- 11 août 2008 -

La direction du SPVM, le chef de l'opposition au conseil de ville, Benoît Labonté, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et Patricia Villanueva, la soeur de Fredy, lancent tour à tour des appels au calme. Vers 19h, une cinquantaine de personnes se rassemblent à l'angle de Pascal et Rolland. Quelques projectiles sont lancés sur un camion de pompier. L'attroupement se dissout à la tombée de la pluie. À partir de ce jour et durant les semaines à venir, les policiers se font omniprésents dans le secteur qui a été touché par l'émeute.

 

- 12 août 2008 -

Vers 19h, une centaine de jeunes manifestent au coin de la 15e avenue et du boulevard Maurice Duplessis dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, à l'est de Montréal-Nord. Des pierres sont lancées en direction de véhicules de police et de voitures de citoyens. Douze personnes sont arrêtées. 

 

- 14 août 2008 -

Plus de 200 personnes prennent part aux funérailles de Fredy Villanueva. Certains politiciens sont présents.

 

- 15 août 2008 -

Des organismes communautaires et institutionnels annoncent la création du « Mouvement Solidarité Montréal-Nord », qui regroupe notamment le centre des jeunes l'Escale, les Fourchettes de l'espoir, l'arrondissement de Montréal-Nord, le Poste de quartier 39 et le Centre de santé et de services sociaux d'Ahuntsic et de Montréal-Nord.

 

- 16 août 2008 -

Des résidents de Montréal-Nord annoncent la création du collectif Montréal-Nord Républik, dont l'objet consiste notamment à dénoncer la collusion entre l'establishment communautaire et politique de l'arrondissement.

 

- 18 août 2008 -

La direction du SPVM annonce que l'enquête sur l'émeute du 10 août a donné lieu à l'arrestation de 35 personnes jusqu'à présent.

 

- 20 août 2008 -

Une centaine de personnes se réunissent devant l'hôtel de ville de Montréal-Nord à l'invitation de Montréal-Nord Républik. Le maire Marcel Parent est chahuté par des protestataires lors de son allocution à l'ouverture de la séance du conseil d'arrondissement. 

 

- 23 août 2008 -

Un radiothon diffusé sur les ondes Radio Centre-ville recueille 8400 $ en dons destinés à aider la famille Villanueva à payer le coût du service funèbre.

 

- 27 août 2008 -

Des militants de diverses organisations tiennent une réunion sous le thème « Défendons Montréal-Nord» à l'UQAM. De cette réunion aboutira éventuellement la création de la Coalition contre la Répression et les Abus Policiers (CRAP), qui inclut le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) et Montréal-Nord Républik.

 

- 5 septembre 2008 -

Le maire Parent annonce une série de consultations portant sur l'éducation, la sécurité, l'emploi, la jeunesse, l'aménagement du territoire et la famille sous l'égide de la table de concertation « Montréal-Nord en Santé ».

 

- 12 septembre 2008 -

La direction du SPVM annonce que les deux agents impliqués dans l'intervention policière qui coûta la vie à Fredy Villanueva sont relégués à des tâches administratives.

 

- 23 septembre 2008 -

Radio-Canada révèle que les policiers ont effectués 13 841 heures supplémentaires dans les rues de Montréal-Nord durant le mois qui a suivi l'émeute du 10 août.

 

- 29 septembre 2008 -

La SQ termine son rapport d'enquête et le remet au Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Louis Dionne, qui doit déterminer s'il y a lieu de porter des accusations criminelles contre les agents Lapointe et Pilotte.

 

- 3 octobre 2008 -

Denis Lessard, chef de bureau du quotidien La Presse à l'Assemblée nationale, révèle qu'il a appris que le rapport d'enquête de la SQ allait recommander à Me Louis Dionne de ne pas retenir aucune accusation contre les deux policiers impliqués dans l'intervention qui coûta la vie à Fredy Villanueva. Lessard rapporte aussi qu'il a appris que le Bureau du coroner va annoncer la tenue d'une enquête publique aussitôt que Me Dionne fera savoir qu'il entérine les recommandations de la SQ.

 

- 5 octobre 2008 -

Jonathan Senatus et Anthony Clavasquin, deux témoins immédiats de l'intervention policière qui mena à la mort de Fredy Villanueva, sont arrêtés dans un appartement de Montréal-Nord, à l'intérieur duquel les policiers trouvent une arme prohibée. Le Journal de Montréal fera ses choux gras de l'affaire, notamment en écrivant - à tort - que Clavasquin est un cousin de Fredy Villanueva.

 

- 9 octobre 2008 - 

Alors que la CRAP finalise les préparatifs entourant la « Grande manifestation familiale » qui se tiendra à Montréal-Nord, le Journal de Montréal annonce à la une : « Les agitateurs s'en mêlent ». Le quotidien dépeint plus particulièrement les organisateurs du COBP comme des « agitateurs reconnus pour faire du grabuge » et dont les « manifestations qui tournent habituellement à la casse ». Le même jour, le maire Gérald Tremblay déclare publiquement que « c'est tolérance zéro pour l'atteinte de l'intégrité de nos policiers, de nos policières, mais également de la propriété publique [et] privée ». En soirée, huit policiers se présentent à l'appartement d'un des organisateurs de la marche sous le faux prétexte d'une plainte de bruit tandis qu'un autre organisateur est agressé physiquement sans raison par un policier à quelques rues de là.

 

- 11 octobre 2008 -

Malgré la campagne de salissage médiatique, plus de 600 personnes prennent part à la « Grande manifestation familiale » qui se tient dans les rues de Montréal-Nord et se termine par les  performances d'artistes hip hop à l'endroit où Fredy Villanueva a été abattu.

 

- 31 octobre 2008 -

L'émission « Enquête » de Radio-Canada diffuse en primeur les photos des agents Lapointe et Pilotte. La Fraternité des policiers et des policières de Montréal réagit en mandatant la firme d'avocats Trudel Nadeau d'intenter une action en justice contre la Société Radio-Canada et les artisans de l'émission « Enquête ».  

 

- 6 novembre 2008 -

Le quotidien The Gazette publie un entretien exclusif avec Denis Méas et Jeffrey Sagor-Métellus. Pour la première fois, les deux jeunes blessés par balles racontent à un journaliste leur version des faits relativement à l'intervention policière qui coûta la vie à Fredy Villanueva. Le même jour, le Directeur des poursuites criminelles et pénales demande un complément d'enquête à la SQ.

 

- 24 novembre 2008 -

La CRAP mobilise une cinquantaine de personnes pour assister à la séance du conseil municipal de Montréal et ainsi profiter de la période des questions des membres du public pour demander des comptes au maire Gérald Tremblay au sujet de certaines de ses interventions dans l'affaire Villanueva. Les autorités font alors appel aux forces policières et interdisent l'accès à l'hôtel de ville. Ce déni de démocratie donne lieu à une marche de protestation spontanée dans les les rues de Montréal.

 

- 1er décembre 2008 -

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Louis Dionne, tient un point de presse en compagnie du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, et du maire Gérald Tremblay. Me Dionne annonce qu'aucune accusation n'a été retenu contre les deux agents impliqués dans l'intervention policière qui coûta la vie à Fredy Villanueva. De son côté, le ministre Dupuis annonce la tenue d'une enquête publique qui sera présidé par le juge de la Cour du Québec Robert Sansfaçon, désigné coroner ad hoc pour l'occasion. 

 

- 2 décembre 2008 -

Une réunion au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales réunit Me Louis Dionne et les autres procureurs de la couronne qui travaillèrent au dossier, de même que des responsables de la SQ et les avocats Günar Dubé et Jacky-Éric Salvant, qui représentent respectivement la famille Villanueva et Méas et Sagor-Métellus. Des membres de la famille Villanueva, soit Lilian, Gilberto et Patricia, ainsi que Sopheap Méas, la soeur de Denis, et Sylvia Sagor, la mère de Jeffrey, sont aussi présents. Me Dionne affirme aux personnes présentes que l'État québécois assumera les frais de représentation légale de la famille Villanueva, de Méas et de Sagor-Métellus lors de l'enquête publique.

 

- 13 décembre 2008 -

La CRAP organise un « Tournoi de dés » à l'endroit même où Fredy Villanueva a été abattu pour dénoncer l'absence d'accusation criminelle contre l'agent Lapointe. Une centaine de personnes bravent le froid pour prendre part à l'événement.

 

- 15 décembre 2008 -

La CRAP tient un nouveau rassemblement à l'occasion de la séance du conseil municipal de Montréal. Cette fois-ci, les portes de l'hôtel-de-ville sont ouvertes au public. Durant la période des questions, le maire Tremblay est interpellé par des militants qui se succèdent au micro jusqu'au moment où le président du conseil municipal, Marcel Parent, également maire de Montréal-Nord, estime que suffisamment de questions ont été posées au sujet des policiers et décide de fermer le micro à certains intervenants.

 

- 8 janvier 2009 -

Le Bureau du coroner annonce que l'enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva débutera le 16 février prochain au Centre de services judiciaires Gouin. Toute personne, ministère ou organisme souhaitant jouer un rôle dans l'enquête publique peut demander au coroner ad hoc Sansfaçon d'être reconnu en tant que « personne intéressée ».

 

- semaine du 19 janvier 2009 -

Le groupe de six avocats représentant les Villanueva et quatre témoins immédiats reconnus comme « personnes intéressées » (Méas, Sagor-Métellus, Senatus, Clavasquin) apprend que le ministère de la Sécurité publique revient sur l'engagement qui avait été pris lors de la réunion du 2 décembre 2008. Ainsi, le sous-ministre à la Sécurité publique, Paul Giard, informe l'avocat d'une des témoins immédiats que le gouvernement n'a plus l'intention de payer les frais de représentation légale de Méas et de Sagor-Métellus à l'enquête publique, mais d'offrir seulement à la famille Villanueva un avocat dont les services relèveront davantage de l'assistance que de la représentation légale.

 

- 23 janvier 2009 -

Une réunion préparatoire à l'enquête publique se tient au palais de justice. Le coroner ad hoc Sansfaçon et les deux procureurs qui l'assistent, soit Mes François Daviault et Frédérick Carle, sont présents, ainsi qu'une douzaine d'avocats représentant plusieurs « personnes intéressées », soit les six avocats qui défendent les intérêts policiers et les six avocats représentant les Villanueva et les quatre témoins immédiats. Au tout début de la réunion, les avocats des Villanueva et des témoins immédiats annoncent au coroner ad hoc qu'ils ne sont plus en mesure de représenter leurs clients respectifs en raison du volte-face du ministère de la Sécurité publique sur la question des honoraires. Les six avocats quittent ensuite la salle et n'assistent pas à la réunion.

 

- 28 janvier 2009 -

Le bris d'engagement du ministère de la Sécurité publique est dénoncé lors d'une conférence de presse réunissant les membres de la famille Villanueva, Denis Méas et leurs avocats. La possibilité que les Villanueva puissent boycotter l'enquête publique est évoquée pour la première fois. La même journée, le directeur des communications du ministre Jacques Dupuis nie que les familles de Méas et de Sagor-Métellus s'étaient fait promettre que l'État québécois assumerait leurs frais de représentation légale à l'enquête publique.

 

- 4 février 2009 -

La famille Villanueva tient une nouvelle conférence de presse avec ses avocats. Patricia Villanueva, la soeur de Fredy, déclare avoir perdu confiance envers le ministre Dupuis et sollicite l'intervention du premier ministre Jean Charest. Les journalistes entendent également l'enregistrement d'un message laissé sur la boîte vocale d'un des avocats de la famille Villanueva dans lequel un enquêteur de la SQ confirme l'engagement concernant les honoraires d'avocats qui avait été pris lors de la réunion du 2 décembre 2008.

 

- 6 février 2009 -

Le Bureau du coroner annonce qu'il reporte le début de l'enquête publique à une date ultérieure en invoquant « la nouvelle situation juridique de certaines personnes intéressées ». Le même jour, la CRAP tient une conférence de presse lors de laquelle elle annonce le dépôt d'une plainte au ministère de la Sécurité publique pour dénoncer le bris d'engagement sur la question des honoraires d'avocat à l'enquête publique.

 

- 7 février 2009 -

Plus de 150 personnes prennent part à une manifestation intitulée « Marchons avec les Villanueva » dans les rues de Montréal-Nord, organisée en collaboration avec les Villanueva et la CRAP, pour demander au gouvernement de tenir sa promesse au sujet du paiement des frais de représentation légale à l'enquête publique. 

 

- 11 février 2009 -

Les avocats de la famille Villanueva déposent une poursuite au civil de 990 000$ contre la Ville de Montréal, ainsi que les agents Lapointe et Pilotte, pour la perte de jouissance de la vie, la douleur et la souffrance causées par la mort de Fredy Villanueva. Cette action en justice s'ajoute à la poursuite de 810 000$ déposée la veille par les avocats de Méas et de Sagor-Métellus. 

 

- 13 février 2009 -

Le Bureau du coroner annonce de nouvelles dates pour la tenue de l'enquête publique, qui se tiendra désormais au palais de justice : du 25 au 27 mai, puis du 1er au 5 juin 2009.

 

- 16 février 2009 -

Malgré les pressions et critiques qui s'accumulent jour après jour, le ministre Dupuis déclare aux médias qu'il n'a toujours pas l'intention de payer les frais de représentation légale de Méas et de Sagor-Métellus.

 

- 17 février 2009 -

Les porte-parole en matière de sécurité publique du Parti québécois et de l'Action démocratique du Québec  demandent au ministre Dupuis de revoir sa position concernant les honoraires d'avocats.

 

- 20 février 2009 -

La CRAP demande au coroner ad hoc Sansfaçon de lui reconnaître le statut de « personne intéressée ».

 

- 5 mars 2009 -

La CRAP lance une campagne d'appui au nom de la famille Villanueva demandant à quelques 200 organismes de faire pression auprès du premier ministre Charest afin que le gouvernement libéral honore sa promesse concernant les frais de représentation légale et fournisse aux avocats des Villanueva, de Méas et de Sagor-Métellus des moyens juridiques équivalents à ceux des policiers lors de l'enquête publique.

 

- 11 mars 2009 -

Le sous-ministre à la Sécurité publique, Paul Giard, répond à la plainte de la CRAP en passant toutefois sous silence le coeur du problème, c'est-à-dire le bris d'engagement à l'égard du paiement des frais de représentation légale.  

 

- 15 mars 2009 -

L'affaire Villanueva fait parti des principaux griefs des manifestants qui prennent la rue à l'occasion de la manifestation de la 13e Journée internationale contre la brutalité, qui tourne rapidement au vinaigre et se solde par 220 arrestations.

 

- 27 mars 2009 -

La Commission sur la santé et la sécurité au travail (CSST) remet à la direction du SPVM un rapport critiquant la planification de l'opération policière lors de l'émeute du 10 août 2008. Le rapport de la CSST sera rendu public la semaine suivante.

 

- 2 avril 2009 -

Le rapport de « Montréal-Nord en Santé » est rendu public. Le manque de confiance entre les jeunes et les policiers y est abordé, de même que le malaise engendré par la discrimination, l'exclusion et le sentiment d'être des citoyens de seconde zone. La création d'une nouvelle table de concertation, la Table Paix et Sécurité publiques, fait parti des principales recommandations. Le même jour, le Centre international pour la prévention de la criminalité (CIPC) rend public un rapport préparé à la demande du SPVM, qui souhaitait disposer d'une analyse comparée sur les émeutes à l'échelle internationale. Le rapport du CIPC soulève notamment la possibilité que l'escouade antigang ÉCLIPSE puisse avoir contribué à aggraver les tensions à Montréal-Nord en exacerbant le sentiment de harcèlement de la part des forces de l'ordre.

 

- 6 avril 2009 -

Jonathan Senatus plaide coupable à deux accusations de possession d'arme prohibée et de mauvais entreposage d'une arme à feu qui avaient été portées contre lui lorsque des policiers sont intervenus dans son appartement, le 5 octobre 2008. Le même jour, Anthony Clavasquin est libéré des accusations. 

 

- 8 avril 2009 -

Les avocats de différentes « personnes intéressées » présentent des requêtes préliminaires au coroner ad hoc Sansfaçon. La requête de la Ligue des droits et libertés fait valoir que l'enquête publique devrait aborder des problèmes de société, comme le profilage racial et l'impunité policière. Le coroner ad hoc remet l'audition de la requête à plus tard, en prétextant qu'il la juge la prématurée. Les six avocats des Villanueva et des témoins immédiats essaient ensuite de se faire entendre sur une requête similaire, mais essuient un refus de la part du coroner ad hoc. La Ligue et les six avocats soulèvent également le problème du paiement des frais de représentation légale de Méas et de Sagor-Métellus, mais le coroner ad hoc réplique que la loi ne lui donne pas le pouvoir d'intervenir à ce niveau. Lorsque le coroner ad hoc refuse aux six avocats le droit d'intervenir durant l'audition de la requête des agents Lapointe et Pilotte, ce groupe d'avocat décide alors de quitter la salle avec les Villanueva et les témoins immédiats. Lors d'un point de presse impromptu, les Villanueva et leurs avocats annoncent qu'ils n'ont pas l'intention de participer à l'enquête publique. Pendant ce temps, le coroner ad hoc procède à l'audition de la requête des policiers, dont l'objet consiste à demander une ordonnance interdisant la publication de toute image ou élément d'information permettant de les identifier, et ce, pour des raisons de sécurité. Les avocats des policiers font témoigner l'inspecteur Richard Dupuis. Le coroner ad hoc rend son jugement sur le banc et accorde la requête des agents Lapointe et Pilotte.

 

- 18 avril 2009 -

La CRAP porte plainte à la Protectrice du citoyen pour dénoncer la manière que le ministère de la Sécurité publique a traité sa plainte sur le bris d'engagement à l'égard du paiement des frais de représentation légale de Méas et de Sagor-Métellus.

 

- 4 mai 2009 -

Le coroner ad hoc Sansfaçon reconnaît la CRAP en tant que « personne intéressée ».

 

- 8 mai 2009 -

La CRAP envoi au bureau du premier ministre Charest près de cinquante lettres qu'elle a reçut dans le cadre de la campagne d'appui lancée au mois de mars. 

 

- 13 mai 2009 -

La Ligue des droits et libertés annonce qu'elle se retire de l'enquête publique et demande au gouvernement de mettre sur pied une commission d'enquête. Le même jour, la Ligue des Noirs du Québec, qui avait aussi été reconnu comme « personne intéressée », emboîte le pas.

 

- 19 mai 2009 -

Un groupe d'une quinzaine de personnalités, dont Louise Harel, Gérald Larose, Luck Mervil et Thomas Mulcair, veut remettre au personnel du bureau du premier ministre Charest une lettre revendiquant la tenue d'une « véritable commission d'enquête publique ». Le personnel refuse d'accuser réception de la lettre, recommandant plutôt au groupe de personnalités de la remettre à des policiers.

 

- 21 mai 2009 -

Le « Mouvement Solidarité Montréal-Nord », reconnut lui aussi comme « personne intéressée », fait savoir qu'il ne souhaite plus participer à l'enquête.

 

- 22 mai 2009 -

La CRAP annonce à son tour qu'elle renonce à participer à l'enquête publique,  en déplorant notamment le fait que le coroner ad hoc Sansfaçon ait autant tardé à la reconnaître comme « personne intéressée » ainsi que l'entêtement du ministère de la Sécurité publique à ne pas corriger le déséquilibre au niveau de la représentation légale.

 

- 25 mai 2009 -

Début de l'enquête publique. Neuf des quinze « personnes intéressées » manquent à l'appel. Le procureur Daviault fait une longue déclaration, durant laquelle il déplore le fait que Dany Villanueva, Méas et Sagor-Métellus ne jouissent pas des services d'un avocat alors que les policiers sont quant à eux très bien représentés, donnant ainsi lieu à une apparence d'inéquité. Le coroner ad hoc Sansfaçon ajoute ensuite qu'il endosse « à 150 % » les remarques de Me Daviault et veut savoir si ces trois « personnes intéressées » seraient prêts à prendre part à l'enquête s'ils étaient représentés par avocat. L'enquête est suspendue jusqu'à ce que le coroner ad hoc obtienne réponse à sa question. En après-midi, le coroner ad hoc apprend que ces trois personnes ne seraient pas davantage intéressés à participer à l'enquête même dans l'éventualité où ils bénéficiaient des services d'un avocat puisque l'étroitesse du mandat de l'enquête continue à poser problème. Le coroner ad hoc décide alors de commencer l'enquête en procédant à l'audition du premier témoin, soit le sergent-détective Bruno Duchesne de la SQ. Pendant ce temps, Montréal-Nord Républik tient un rassemblement à l'endroit où Fredy Villanueva a été abattu pour dénoncer l'enquête publique.

 

- 26 mai 2009 -

À la seconde journée d'audition, le coroner ad hoc Sansfaçon fait à son tour une longue déclaration durant laquelle il reprend la plupart des propos tenus la veille par son procureur Daviault concernant le problème d'inéquité causé par le déséquilibre au niveau de la représentation légale à l'enquête. D'un commun accord, le coroner ad hoc et son procureur décident de suspendre l'enquête. À l'Assemblée nationale, le ministre Dupuis fait volte-face et déclare qu'il est désormais prêt à payer les frais de représentation légale de Méas et de Sagor-Métellus. 

 

- 27 mai 2009 -

Les trois partis d'opposition de l'Assemblée nationale demandent au premier ministre Charest de retirer le ministre Dupuis du dossier Villanueva. Pour sa part, le premier ministre Charest affirme conserver une « totalement confiance » envers son ministre de la Sécurité publique. Pendant ce temps, les avocats de la famille Villanueva et des témoins immédiats demandent de pouvoir communiquer avec un autre interlocuteur que le ministre Dupuis.

 

- 28 mai 2009 -

Radio-Canada révèle que le Bureau du coroner a été mandaté par le ministère de la Sécurité publique pour entrer en contact avec les avocats de la famille Villanueva et des témoins immédiats afin de dénouer l'impasse.

 

- 2 juin 2009 -

Suite aux révélations survenues lors du témoignage du sergent-détective Duchesne, la CRAP porte plainte en déontologie policière contre les enquêteurs de la SQ qui ont mené l'enquête sur la mort de Fredy Villanueva. Le même jour, une plainte en déontologie policière est également portée à l'égard de l'inspecteur Richard Dupuis, à qui la CRAP reproche d'avoir induit en erreur le coroner ad hoc Sansfaçon lors de son témoignage qu'il a rendu durant l'audition des requêtes des agents Lapointe et Pilotte.

 

- 16 juin 2009 -

Une mini-émeute éclate à Montréal-Nord suite à une intervention policière au parc Carignan. Le grabuge débute vers 22h15, lorsqu'un policier pointe son arme en direction d'un groupe de jeunes. Durant les heures qui suivent, quelques dizaines de jeunes tiennent les policiers en haleine, vandalisant des commerces, des véhicules de citoyens, des abribus et allumant des feux dans les poubelles. Neuf personnes sont arrêtées. 

 

- 2 juillet 2009 -

Maire de Montréal-Nord depuis 2001, Marcel Parent annonce qu'il ne sollicitera pas un nouveau mandat lors des élections municipales qui se tiendront au mois de novembre prochain.

 

- 16 juillet 2009 -

Les grands quotidiens montréalais annoncent que les négociations entre le gouvernement et les avocats de la famille Villanueva et des témoins immédiats viennent d'aboutir à un compromis. Ainsi, le ministère de la Sécurité publique paiera les honoraires de quatre avocats et d'un recherchiste, aussi avocat. Par ailleurs, le groupe d'avocats a aussi bon espoir que l'enquête publique « examinera de manière ouverte le contexte social de Montréal-Nord et la relation entre la police et les jeunes ». Le même jour, les médias révèlent que deux témoins immédiats, soit Denis Méas et Anthony Clavasquin, ont tous deux été arrêtés, la veille, sous des accusations de méfaits suite à une histoire de bagarre dans un bar de Montréal-Nord.